31 octobre 2026 · Marées · Ports

Une nouvelle marée, de Dunkerque à Hendaye

Un client du golfe du Morbihan nous a signalé une pleine mer affichée plus de deux heures trop tôt. En cherchant pourquoi, on a trouvé d’autres écarts sur la côte. On a refait la marée de l’app, puis on l’a contrôlée sur un an de tables et de mesures : 4 minutes d’écart médian.

Deux courbes de marée le 31 octobre 2026 : au large, et plus de deux heures plus tard dans le golfe du Morbihan

Ce qui nous a alertés

Le 31 octobre, un client de l’Île-aux-Moines nous écrit que nos heures de marée ne correspondent pas à celles de son port. On regarde, et il a raison : l’app affichait la marée du large. Or le golfe du Morbihan se remplit par le seul goulet de Port-Navalo, et la pleine mer y arrive jusqu’à 2 h 20 après Le Crouesty. À l’écran, elle tombait 2 h 15 à 2 h 30 trop tôt.

On corrige le jour même. Le lendemain, il nous envoie ses relevés d’Arradon : encore jusqu’à 42 minutes de retard en mortes-eaux, des basses mers 40 cm trop hautes et un coefficient qui saute d’une marée à l’autre. En vérifiant le reste de la côte, on trouve d’autres écarts, jusqu’à 41 minutes à Ouistreham. Corriger le golfe ne suffisait pas : on a refait le calcul pour toute la côte.

Ce qui a changé

Voici l’écart des pleines mers avec les tables officielles, avant et après. C’est un écart médian : une marée sur deux fait mieux. Les chiffres d’aujourd’hui portent sur la semaine du 1er au 7 novembre.

PortAvantMaintenant
Golfe du Morbihan2 h 15 à 2 h 301 à 5 min
Ouistreham41 min2 min
Le Havre37 min1 min
Richard (Gironde)30 minmoins d’1 min
Saint-Vaast-la-Hougue26 min2 min
Royan25 min2 min

Sur les 144 ports comparés cette semaine-là, 141 sont à 5 minutes ou moins en médiane, et aucun ne dépasse 7 minutes. Cela ne veut pas dire que chaque marée tombe juste : 131 ports restent à 15 minutes ou moins sur toute la semaine, et le plus gros écart est de 53 minutes, au Croisic.

Comment on l’a vérifié

Une semaine ne suffit pas, et ces chiffres sont flatteurs. On a donc vérifié sur des données qui n’ont pas servi au réglage : les tables 2026 publiées par 12 ports, soit 8 171 pleines mers, grandes marées comprises, et les mesures réelles de 16 marégraphes.

ContrôleÉcart médian95 % des cas
Pleines mers, tables des ports4,1 minsous 15 min
Pleines mers, marégraphes4,2 minsous 20 min
Basses mers, marégraphes4,5 minsous 12 min
Hauteurs, marégraphes4 cmsous 15 cm

Pour les hauteurs, on a retiré le décalage constant de chaque station. Le coefficient, lui, ne saute plus : sur 1 876 marées des annuaires 2026 de Barneville-Carteret, Granville et Saint-Vaast, l’écart médian est nul et ne dépasse pas 1 point dans 95 % des cas, contre 7 points avant. Il s’affiche sur toute la façade Manche-Atlantique, même là où l’heure n’est pas vérifiée.

Dans le golfe, là où tout a commencé, la pleine mer s’écarte de 5 à 6 minutes de la table du port de Vannes, elle-même arrondie à 5 ou 10 minutes, et de moins de 17 minutes dans 95 % des cas. Les plus gros écarts, de 20 à 44 minutes, tombent aux toutes petites mortes-eaux d’août et de septembre, quand le plein est très plat.

Le calcul pour chaque port

Comme dans l’annuaire, 331 ports suivent maintenant leur port de référence, avec une correction pour les pleines mers et une autre pour les basses mers. L’app s’appuie aussi sur 58 marégraphes, dont 26 nouveaux, notamment à Vannes, Larmor-Baden, Lorient, Royan, Bordeaux, Nantes et Bayonne.

Environ 170 ports restent à plus de 2,5 milles d’un point de référence. Pour eux, on part des deux points qui les encadrent. Au nord de 46° N, un modèle de l’océan à 1,5 km affine l’écart avec chaque port ; plus au sud, on interpole selon la distance. L’app l’indique : « marée estimée ».

Pour tester cette méthode, on a retiré du calcul 17 ports dont on connaît les horaires, et on a essayé de les retrouver : 4,5 minutes d’écart médian sur 9 768 pleines mers, et moins de 18 minutes dans 95 % des cas. Le point faible, ce sont les mortes-eaux en Bretagne Sud, en Vendée et dans les pertuis, où l’écart monte à 11 à 18 minutes.

Nouveau : la hauteur d’eau mesurée

Dans « Observé maintenant », vous voyez désormais la hauteur d’eau relevée au marégraphe le plus proche, s’il y en a un à moins de 15 milles et si sa mesure date de moins d’une heure, avec l’écart à la marée prévue. Par basses pressions ou grand vent, vous savez tout de suite si la mer est plus haute que prévu. En estuaire, le débit du fleuve joue aussi. Sur iPhone, ce relevé arrivera avec la prochaine mise à jour.

Ce qui ne va pas encore

12 ports n’ont toujours pas de marée fiable : six sur la Rance, où l’usine marémotrice commande le niveau, quatre en baie de Somme et dans l’Authie, Port-Launay et le fond de la rivière d’Étel. L’app prévient que leurs heures peuvent être décalées de plus de 2 h. Fiez-vous à l’annuaire du port, et sur la Rance aux prévisions d’EDF. En amont du barrage d’Arzal, il n’y a plus de marée, et l’app n’en affiche pas.

Et une table reste une prédiction : selon la pression et le vent, la mer réelle peut s’en écarter de 15 à 30 minutes, comme le rappellent les ports.

Si vous voyez un écart dans votre port, écrivez-nous, avec le jour et l’heure de votre table. Tout ce travail est parti d’un message comme celui-là.

Choisissez votre port et votre bateau : Sail Weather vous dit quand partir, et à quelle heure rentrer.

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